MEP : 60 ans

L'acier et le vent : la mélodie des MEP d'Albi. Retour sur cette fabuleuse aventure albigeoise.

Jérôme Vaillant

7/8/2026

Introduction

Quand on parle de course automobile et de création tarnaise, un nom fait immédiatement vibrer les passionnés : MEP. Il raconte à lui seul une terre, une vision, une époque.

Quand le soleil oblique de fin d'après-midi vient caresser sa coque, le temps s'arrête un instant. On n'est plus seulement face à de la mécanique, mais devant une sculpture suspendue entre la terre tarnaise et le bitume. À Albi, l'histoire du sport automobile ne s'est pas écrite dans de grands bureaux d'études feutrés, mais dans la passion brute, l'odeur d'huile chaude et le désir fou d'attraper le vent.

Naissance d'une étincelle

Concessionnaire Peugeot passionné de compétition, Maurice-Émile Pezous lance la marque MEP au milieu des années 60. L'objectif est de créer des formules de promotion abordables pour dénicher les futurs talents du pilotage français. Son but : offrir la vitesse pure à ceux qui n'ont que leur talent à offrir. De cette intuition naïve et sublime naissent les monoplaces MEP. Juste un châssis tubulaire, ni fioritures, ni luxe superflu, ni électronique.

  • 1965 – La MEP X2 : équipée du bicylindre Panhard, elle fait ses premiers tours de roue sur le mythique circuit d'Albi.

  • La MEP X27 : l'aventure se poursuit avec le moteur 4 cylindres à plat de la Citroën GS. Légère (autour de 400 kg), fluide et nerveuse, la "Formule Bleue" était née.

Ligne, matière, émotion

D'un point de vue esthétique et graphique, la MEP est un terrain de jeu fascinant pour l'image :

  • Le dessin : un fuseau effilé qui semble fendre l'air même à l'arrêt, comme une goutte d'eau posée sur la ligne de départ.

  • La couleur : ce bleu si particulier, tantôt profond, tantôt éclatant selon les caprices de la lumière, qui porte en lui toute l'amertume et la gloire des courses d'antan.

  • L'âme du métal : le grain de la peinture, le reflet du ciel sur la bulle de saut-de-vent, la nudité des suspensions qui révèlent chaque vibration de la piste.

Regarder une MEP, c'est entendre le murmure des moteurs au loin, l'écho des foules d'autrefois sur le circuit d'Albi, et ressentir cette nostalgie poignante d'une époque où l'on créait avec les mains et le cœur.

Épilogue

Photographier une MEP, c'est tenter de figer une ombre filante, de rendre hommage au génie d'ici et d'immortaliser une certaine idée du rêve français. Ces automobiles ne sont pas de simples objets de collection : ce sont des capsules temporelles qui continuent de faire battre le cœur d'Albi.

"Vous possédez ou restaurez une MEP ou un véhicule de collection albigeois ? Contactez-moi pour mettre en valeur votre projet à travers un reportage photo sur mesure ou un tirage d'art."

MEP
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Crédit photo : Jérôme Vaillant.

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